L’Amour est dans le pré, le retour des Fermiers

Publié le 24 janvier 2012 par Dracko. 12 Commentaires

Et nous voici à nouveau devant notre poste de télévision, devant une petite chaîne qui à force de monter atteint des sommets vertigineux de finesse et d’esprit. C’est donc le lancement de la saison 7 de l’Amour est dans le pré, avec quatorze nouveaux prétendants à une vie de rêve à deux.  Cette première émission de présentation des participants commence avec un rapide retour sur les cas sociaux candidats des saisons précédentes, juste pour nous remettre en tête ces visions d’horreur que nous avions pourtant réussi à enfouir au plus profond de notre esprit, pour ne plus hurler seuls dans le noir… Quels beaux spécimens nous avons eu durant ces six premières saisons, les revoir ainsi, les uns après les autres, nous rappelle  à quel point le niveau s’est régulièrement élevé. La nouvelle vague aura fort à faire!

Par bonheur, dès les premières secondes, nous sommes rassurés par une Karine le Marchand qui nous présente une adaptation très libre de Belle des Champs. Au prétexte de faire une émission à la campagne, elle s’autorise des choses impressionnantes, des mélanges improbables, inconnus jusque dans le catalogue Daxon, c’est vous dire…

Direction le Gers, où Pierre, 35 ans, producteur d’Armagnac et céréalier fait le beau et commence en mode winner. Il accueille donc Karine le Marchand et lui parlant du cépage de “La Folle Blanche”, ce à quoi elle répond par un étonnant “tu me montres ton alambic?”, qui ne manque pas de faire briller les yeux de notre fermier. Quand elle ajoute, voyant le sus-dit alambic, un joyeux “ah, la belle bête”, le pauvre Pierre est très enervé, semblant même croire sincèrement qu’elle est peut être réellement en train de parler de lui. Bon Pierre produit 600 litres d’eau de vie par jour dans son bel alambic, alors les émanations aidant, je ne suis pas persuadé qu’il soit encore à jeun le bonhomme.
Il se dit épicurien et moderne, ce qui tout naturellement, combiné à cette histoire de belle bête, l’amène à proposer un atelier découverte de la moissonneuse batteuse. Non, moi non plus, je ne vois pas le rapport… Mais étant donné la taille de la machine, et si les moissonneuses possèdent la même logique que les voitures, c’est sans aucun doute pour compenser une infirmité fort gênante! C’est ce moment que choisit Pierre pour se confier et nous expliquer qu’il aimerait rencontrer une femme pour combler sa solitude. Il dit aussi ne pas avoir un goût terrible, ce qui est confirmé par tout ce que nous voyons, d’un goût plus que discutable, mais bien conforme à l’esprit de l’émission.

Pierre se lance alors dans une belle histoire, un monde imaginaire où il dit avoir eut plusieurs aventures avec des filles. La dernière demoiselle habite à 600km, leur histoire a duré 6 mois. On ne sait pas par contre si elle habitait déjà aussi loin, ou si elle le voulait juste comme ami lointain. Car, étonnamment, ces mêmes filles préfèrent qu’ils restent amis. Et bien là, je dis bravo, belle anticipation de la suite de l’émission de Pierre, ça ne va pas le changer, comme chaque année, il va se faire de nouvelles amies! Pierre peut aussi pleurer assez vite, et il nous avoue l’air inspiré “qu’il a écouté La Bohème avec Maria Callas l’autre jour” avec une émotion très forte. Bon, comme de bien entendu, dans sa bouche ça sonne faux, il nous dit ça comme si il était allé voir un film de rangers avec un générique interprété par Chuck Norris…

En tout cas, il a un tas d’amis et aime faire la fête. Et puis il a des amies aussi, il lui faut donc une femme pas jalouse. Pierre veut faire une a deux sorties par semaine, et il veut aussi que la future femme de sa vie ait entre 28 et 40 ans, des enfants ou pas, mais lui ne veut pas en faire. Ce que personnellement je cautionne, même si je connais encore très peu Pierre…
La couleur de peau il s’en fiche et s’il a un faible pour les brunes, il n’est pas exigeant sur le physique. Parfait, car celles qui viendront seront certainement comme lui, pas compliquées sur le physique… En tout cas, il se sent prêt à faire le pas et ça c’est beau.

Je note que cette année, entre toutes les présentations, la voix off propose d’écrire au candidat et précise de joindre une photo récente. J’ai en tête l’année où un des candidats avait envoyé une photo prise avant ma naissance, autant vous dire qu’il avait légèrement changé. Pas beaucoup, c’était juste plus lui du tout… Je pense donc que la production a en tête cette même personne!

Découvrons maintenant Bertrand, 26 ans, maraîcher près de Lyon, il fait aussi dans les fruits et les vaches laitières. Karine le Marchand augmente le niveau, c’est en mode Arlequin, multicolore et rapiécée, vert, jaune, rose et orange qu’elle apparaît. Tout en classe quoi. Obligé de régler ma télévision pour ne pas me brûler les yeux. Et puis dans la foulée, j’ai coupé le son le temps qu’elle arrête de débiter des niaiseries avec sa voix de fillette attardée. Si quelqu’un peut m’expliquer pourquoi elle se sent obligée de parler comme si elle s’adressait à des débiles… Oups… Autant pour moi, j’ai compris…

Bertrand est avec son chien Bigoudi. Comme dans tout bon film d’horreur paysanne, le maïs est source de tous les dangers, Bigoudi s’est donc fait couper une patte par la machine à maïs. Fidèle à la tradition, Bertrand est amoureux de ses vaches, et tout de suite, nous le trouvons beau de simplicité Bertrand. C’est le gentil simplet, syndicaliste aux Jeunes Agriculteurs du Rhône, et investi d’une belle âme l’amenant à faire dans le caritatif. Je suis sûr qu’il est contre la guerre et pour la paix dans le monde. Et puis, s’il aime ses vaches, il aime aussi ses pommes, alors c’est parti pour dix minutes de tracteur pour aller en cueillir quelques unes.

Une scène insoutenable se produit en chemin, nous replongeons directement dans l’horreur paysanne, c’est atroce. Un fourgon, empli de types torse nu ou mal habillés, je ne sais pas ce qui est pire, passe, klaxonne et ralentit pour que nous ayons le temps de bien les voir. Bertrand qui faisait jusque là des efforts surhumains pour paraître bien élevé et charmant lâche un bon gros “ils sont une chiée”. Et voilà, l’heure du thé est passée, qui veut une bière? S’il fait dans la vente aux grossistes, il donne aussi dans la vente à domicile, en porte à porte chez les gens. Il précise, l’oeil vitreux, que “des fois c’est très convivial”. Là, je ne sais pas si il y a un sens caché, mais j’ai peur du pire, qui s’il n’est jamais certain, est tout de même sur-représenté dans cette émission…

Bertrand est fougueux, il aime les sorties et les fêtes entre amis. C’est un bon vivant qui voudrait vivre en couple mais rester indépendant. Il a vécu une douloureuse rupture il y a quelques années, alors maintenant, il est fatigué des plans cul, il veut du sérieux. Et puis avec ses deux grands parents paralysés, le suicide de sa soeur et celui de son meilleur ami la même année, on peut se laisser aller à penser qu’il porte un peu la poisse notre Bertrand. Rappelons-nous aussi du pauvre Bigoudi qui doit se contenter de trois pattes, et ce n’est pas facile tous les jours de tomber à chaque fois que vient la petite commission… Alors Bertrand cherche une jeune femme de son âge, avec ou sans enfants, gaie, belle, apprêtée mais pas de trop et par dessus tout, catholique pratiquante pour faire un beau mariage car il voudrait l’emmener jusqu’à l’autel de l’église, avec une bague et une bringue. Je suppute que “la chiée” du camion sera de la partie: bonne chance madame, ça ne va pas être simple, n’oubliez pas de prendre des photos… Et là, comme il n’a pas de bol le Bertrand, ils étaient bien tranquilles à discuter quand la pluie se met à tomber. Décidément, je le sens bien le Bertrand…

L’un des deux est Thierry…

Allons dans la Manche, avec Thierry, 43 ans dedans, mais 65 ans dehors, et puis des vaches laitières et un tas d’animaux tout autour. Alors là, je pense que nous tenons l’attraction de la saison 7. Karine le Marchand le retrouve au marché aux bestiaux, accueillie par un distingué “aaaaahhhhhh, voilaeu la téléeu”, accompagné d’un rire gras et sonore. Soyons clairs tout de suite, Thierry, en plus de parler fort, parle mal. C’est un rustre qui tente maladroitement d’être gentleman, mais termine toujours avec une grâce qui ne le quittera certainement pas de toute la saison. Une série de bien belles phrases, du style “ti t’débrou té bin”. Rougeaud et pur terroir le Thierry.  Sur la photo, là, à côté, il est presque beau, c’est vous dire… Et puis Thierry qui est toujours à la recherche du mot doux qui ferait craquer les téléspectatrices, précise à Karine le Marchand que les brebis qu’elle trouve craquantes sont vendues pour en faire des merguez. Toute la tendresse et le romantisme que nous imaginions depuis le début se confirme. Thierry nous dit alors que l’école ne voulait pas de lui, alors lui non plus n’a pas voulu d’elle. On avait compris Thierry, ça commence à se voir… Et là, on ne sait pas pourquoi, mais le rêve de Thierry c’est de trouver quelqu’un pour sortir et voir les montagnes. Ca ne veut rien dire, c’est même limite inquiétant, non? Scène cocasse où, Karine le Marchand découvrant la ferme, dit “qu’est ce que c’est moche une pintade”. C’est un peu l’hôpital se moque de la charité, il faudrait vraiment lui écrire ses textes messieurs de la production…

Thierry est veuf, c’est l’agriculteur du moyen âge, mais il aime faire les boutiques avec sa fille de 16 ans, Charlène. Jusque là, tout va bien, mais la suite mes amis, provoque en moi une vision d’apocalypse. Car Thierry, quand il fait les boutiques avec sa fille, il aime lui acheter de jolies choses! Non, franchement, regardez son look et tout le reste, et là, est-ce que vous pouvez m’expliquer ce que peut être une “jolie chose” pour Thierry? Alors oui, Charlène va partir en pension, “ça vo êteu terrib'”, mais en même temps, Thierry, j’ai envie de te dire que c’est toi qui a commencé, tu lui aurais pas acheté de “jolies choses”, elle serait peut être restée!  Ah, et puis Thierry, il veut bien un enfant de plus. Heu, comme souvent dans cette émission, je ne suis pas certain que ce soit une idée formidable, je veux bien qu’il se retienne, si un médecin me lit, qu’il contacte la production, par pitié…

Avant l’émission, Thierry a essayé les agences matrimoniales, sans succès. Ainsi, il n’a trouvé que des personnes qui voulaient passer la journée au lit à faire crac-crac. Vous imaginez la misère affective des pauvres femmes qui fantasmant sur Thierry, veulent passer une minute journée au lit avec lui? Quelle détresse…

Bref, il souhaite trouver une femme de moins de 50 ans, douce, pas autoritaire et très tendre qu’il dit avec sa voix de rustre. Car Thierry aime bien donner et recevoir (mais de quoi est-il en train de parler?). Il précise qu’il s’en fiche de la couleur, laisse un blanc et ajoute, des cheveux… Thierry, c’est décidément le profil d’un champion, c’est le lourdaud parfait, il a un énorme potentiel!

Le prochain candidat est une candidate, résidente du Pays Basque. Jeanne, 60 ans, éleveuse de vaches et de brebis, mais surtout kiné, accompagnée de son fils de 23 ans, LE basque avec qui elle vit seule depuis longtemps.

Karine le Marchand à certainement perdu un tas de paris tout pourris depuis la dernière saison, alors cette fois, elle est lookée façon nappe de cuisine rouge à carreaux blancs, associée à un combishort salopette en jean. Mes yeux pleurent.
Jeanne, qui a presque vingt ans de plus, à l’air deux fois moins vieille que Thierry. Jeanne qui se décrit comme une hyper-active faisant chaque jour le tour de ses bêtes, voudrait un homme qui partage ses loisirs, un homme qu’elle pourra “basquiser”. Et puis Jeanne, qui soit dit en passant semble très chiante, voudrait lever le pied sur la kiné. Moi non plus, je ne vois pas le rapport avec l’amour dans un pré…

Jeanne adore le ski et va chaque année écumer les pistes. C’est avec une fierté non dissimulée qu’elle nous apprend qu’elle est championne de France! Championne de France de Mouche… c’est semble t’il un jeu de cartes. Je ne connais pas, mais j’ai l’impression qu’elle est la seule membre de la fédération de Mouche, ce qui relativise quelque peu son titre…

Avec un tempérament explosif, se disant franche et droite, Jeanne cherche un homme de son âge, bricoleur, sportif aimant les animaux et qui partage ses loisirs (bis). Bref, un tout mou qui ne l’ouvrira pas trop car Jeanne n’a jamais vécu avec un homme et on sent bien que même si elle dit que quelque part en elle, elle est douce, c’est très loin en elle alors, ça ne va pas être facile à trouver! Et ben moi, elle ne me fait pas rêver Jeanne, même pas drôle.

Une vache s’est cachée dans cette image, saurez-vous la retrouver?

C’est maintenant en Bretagne, près de Rennes que nous retrouvons Joseph et Rémi, deux frères jumeaux de 41 ans, éleveurs de vaches laitières. On dirait deux moines dominicains… Je coupe court au suspens et répond à la question qui vous démange, non, Raphael, mannequin pieds à La Redoute percepteur des impôts de la trésorerie de Rennes, n’est pas là. Et oui, c’est une cruelle déception pour nous tous!

Karine le Marchand est de plus en plus inquiétante, elle est habillée façon petit marin avec un truc blanc à rayures bleues qui ne lui va pas du tout. Gilbert Montagné est un des rares français qui ne souffre pas ce soir, mais jusqu’où s’arrêtera t’elle ?
Les deux jumeaux savent parler aux femmes, ils proposent directement une TPA à Karine le Marchand, autrement dit une traite par l’arrière. C’est un peu cash, mais sur un malentendu… On remarque tout de suite qu’ils parlent à deux et en même temps. L’un commence une phrase, l’autre la termine, ce pourrait être beau, mais là non, c’est juste chiant.

Avouant être des bretons avec un caractère pourri et une tête de lard (oui, bon, je salue mes amis bretons, mais c’est un pléonasme là…), Rémi se dit être le plus souple des deux. Ils aiment l’humour et les sorties, faire des balades, jouer à la belote, à la pétanque et faire du VTT après une période Rollers. Picasso à eu une période bleue, les jumeaux se sont rabattus sur une période Rollers, on fait ce qu’on peut à la ferme…

Joseph, veut faire jeune, alors il faut l’appeler Jo sinon il s’énerve. Jo se dit direct et attentionné, il aime offrir des fleurs, mais pas celles du fleuriste. Ah, mais pourquoi donc Jo? Mais parce que ce n’est pas le prix qui compte, c’est le geste. Je vous arrête tout de suite, ce n’est pas romantique dans sa bouche, c’est juste pour prévenir qu’il est radin… Il voudrait une femme fidèle, du partage, du soutien mutuel. Il explique qu’il a perdu un ami d’enfance et que ça l’a coupé du monde, et puis qu’il n’a jamais vécu en couple. Bref, un vieux garçon radin. Il n’a pas de critères physiques particuliers, son genre c’est celle qui veut. Il faudra qu’elle ait un travail, des enfants ou pas. Karine le Marchand lui propose une séquence de questions bêtes. Ah bon, il y a pire? Ah ben oui, il y avait encore de la marge. C’est no limit la saison 7 dites-moi…

Jo passe la main à Rémi, qui précise qu’ils ont chacun leur maison et que lui voudrait une femme indépendante. Il est philosophe Rémi, il raconte qu’ils ont vécu une histoire avec deux soeurs jumelles (j’imagine les soirées de fous pour les inconnus!). Maintenant, il cherche une femme complice et tendre. Il prévient qu’il est possessif et a toujours besoin de savoir où est l’autre. J’avais repéré ses yeux de psychopathe parfois, cela semble se confirmer… Et hop, Karine le Marchand attaque la même séquence de questions bêtes.

A la fin, on croise les deux et on rediffuse les questions bêtes, quand on a une bonne idée, c’est super, alors on insiste… Bref, ils sont inintéressants les jumeaux niveau LOL… Il va falloir se reprendre les gars, sinon je dis quoi moi?

J’hésite entre chanter “Je te survivrai” ou aller couper du bois…

Cette première émission va s’achever dans le Jura, avec Philippe, 54 ans, vigneron depuis six générations et père de deux grands enfants. Philippe c’est un peu comme une expérience génétique qui aurait mal tournée, une sorte de Jean-Pierre François brun croisé avec Charles Ingalls, mais en nain… Le chapeau de cowboy apporte une touche de style supplémentaire, mais était-ce bien indispensable?

Il nous emmène visiter sa cave des copains, qui est vraiment un chouette endroit, et là je suis sérieux. Il nous apprend qu’il a fait le marathon de New York en moins de 4 heures (vue la taille de ses jambes, il doit les bouger super vite sur 42km!) et qu’il sort au moins deux à trois fois par semaine. Philippe cherche donc une femme joyeuse, bonne vivante et tolérante. Car il y a un drame dans la vie de Philippe, il a trompé son ex-femme après 30 ans de vie commune. Alors, ils se sont séparés et depuis, il n’a que des histoires sans lendemain. Philippe est guitariste, compositeur et interprète. Il aime profiter de la vie, veut éviter la routine, alors il voudrait une femme jeune, filiforme, de moins de 40 ans, belle mais pas Barbie. Philippe se sait tout petit, il veut quand même être le plus grand des deux. En dehors de Mimi Mathy, ça ne va pas être simple…

Voilà, fin de cette première émission de lancement de la saison 7, vivement la seconde partie pour bien se rendre compte du niveau de 2012, mais ce début est de bonne augure, je pense que nous allons encore avoir droit à des scènes terribles 🙂