Le Convoi de l’Extrême, c’est des givrés

Publié le 6 janvier 2012 par Dracko. 4 Commentaires

Le Convoi de l’Extrême, toujours présenté par Stéphane Rotenberg, est à nouveau diffusé sur W9 depuis ce soir. Pendant deux mois chaque année, cette émission américaine produite par History Chanel, nous permet d’assister aux pérégrinations d’une demi-douzaine de chauffeurs routiers qui ont accepté d’être suivis par les caméras.

Le Convoi de l'ExtremeAvec des températures allant jusqu’à -60 degrés, ces conducteurs de poids lourds transportent des chargements colossaux (de 10 à 50 tonnes) à destination des mines de diamants dans les territoires du nord-ouest de l’Arctique canadien, mais aussi tout le matériel indispensable à l’exploitation des grandes réserves énergétiques d’Amérique. Des milliers de cargaisons, plusieurs millions de dollars de fret, et ce qui fait l’intérêt de l’émission, sur des routes de glace!

Le Convoi de l'ExtremeCar oui, figurez-vous que sur des trajets d’environ 800 kilomètres, du dépôt de Fairbanks aux champs pétroliers de l’Arctique, leur parcours est composé en majeure partie de lacs gelés et donc du risque omniprésent de voir la glace céder sous le poids des camions.

Alors, après les deux mois que dure leur saison, cette route fond et disparait complètement jusqu’à la saison suivante où elle sera retracée dans la glace, à travers plaines et montagnes, et surtout, par dessus les lacs et les rivières gelées. Un truc de fous, qui fait que le salaire de ces routiers est exceptionnel, mais les risques sont énormes.

A la fin de la saison, la quatrième en l’occurrence, on compte pour chacun le nombre des voyages et l’argent encaissé. Ce n’est pas compliqué et c’est factuel, pas besoin de Maître de Médeut, Huissier de justesse, c’est calculé à la bonne franquette, avec juste des additions, pour élire le vainqueur de l’année

Les trois premiers épisodes ont été diffusés ce soir et je pense qu’il devrait y en avoir une grosse douzaine en tout comme d’habitude.

Le Convoi de l'Extreme

Bon, c’est loin d’être du grand art, mais si on accroche un peu au protagonistes, on est curieux comme dans toute émission de télé-réalité, de voir ce qui va se passer pour ces hommes et femmes. Il faut savoir par contre que les voix françaises sont à chier et les commentaires faits à la manière des meilleurs télé-shopping américain. En gros, c’est sur-joué à mort pour les doublages et les commentaires sont comme dans tout reportage américain, montés en boucle: sur 50 minutes d’épisode, toutes les trois minutes on apprend que la route est difficile, que la mort est au tournant, et puis en plus il fait froid en Alaska… Le tout avec en alternance, un plan sur les roues du camion, un plan sous le camion à travers la glace, et puis un plan en image de synthèse toute pas belle façon fin des années 80. Ajoutez à cela un bruit de glace qui craque pour l’ambiance qui fait peur, et c’est dans la boite. Le pire, c’est que même après tout ça, il fait toujours froid en Alaska!

Le truc hyper fatiguant, c’est que les émissions américaines sont toujours basées sur la répétition: une heure d’émission représente réellement 15 minutes de contenu. Pour les 45 minutes restantes, le téléspectateur étant crétin, on répète dix fois les choses et on résume toutes les 7 minutes, ce qui correspond à leurs coupures pubs. J’ouvre là une parenthèse, la première fois que je suis allé à New York, j’ai halluciné avec la télévision: il y a plus de temps de pub que de temps d’émission. Un truc de psychopathes, le patron de TF1 serait au paradis, qui explique le pourquoi des résumés incessants dans les reportages ou émissions importées et traduits chez nous. Allez, fin du courant d’air, je referme la parenthèse.

Le Convoi de l'ExtremeJe note que cette année, c’est gros budget pour W9 avec un Stéphane Rotenberg qui s’est réellement rendu en Alaska, retrouver Jack Jesse, le routier victorieux de la saison précédente. Et oui, auparavant c’était au centre de la Suède, dans un joli camion Volvo rouge que les séquences françaises de lancement étaient enregistrées. Le paysage de conifères suédois étant parfaitement raccord avec celui du nord du Canada, la TNT sans budget était sauvée 🙂

Jetez donc un coup d’oeil au moins une fois, car même si c’est mis en scène, il y a des gens qui n’ayant d’autre choix pour vivre, ont vraiment des métiers difficiles. Parfois, cela permet de relativiser un peu avec les nôtres…