Hadopi, Acta, DPI, IPRED et autres stupidités

Publié le 24 novembre 2011 par Dracko. Commenter

HadopiLa Cour de Justice Européenne vient de mettre un grand coup de pied dans le petit monde feutré du filtrage en Europe. Voilà bien longtemps qu’une décision sensée n’avait été prise, c’est rassurant de voir que certains juges restent préoccupés par notre droit fondamental de bénéficier d’une véritable vie privée. Les faits sont très bien résumés sur le site PCINpact, je vous engage à prendre deux minutes pour lire leur article bien documenté.

Je suis fatigué de voir une industrie musicale et cinématographique vieillissante qui n’a toujours pas assimilé les changements induits par le monde moderne. A sa tête, des gens qui se complaisent dans l’opulence, dans le monde feutré du monopole, dans un système archaïque qui rémunère ses pairs au prix fort et, en dehors des stars reconnues, ne donne que les miettes aux véritables créateurs, les artistes.

Un article intéressant de La Tribune concernant la rémunération du patron de la SACEM. Ce monsieur est payé 750000 euros nets par an! De nombreux sites ont fait des calculs volontairement provocateurs avec cette base salariale et une conclusion simple: il faut vendre plus de 10 millions de titres sur iTunes pour payer son seul salaire… Il semble même que les dix plus gros salaires de la SACEM engloutissent à eux seuls l’ensemble des fonds collectés par les ventes françaises de musique en ligne! Cela semble incroyable… Un rapport sur les ventes en ligne du premier semestre 2011 est disponible ici.

Je trouve que payer 0,99 ou 1,29 euros pour un morceau de musique, c’est à la fois cher et raisonnable. Cher car ça ne coûte rien à dupliquer, raisonnable parce que ça évite d’acheter un album entier pour un seul morceau. Par contre, je ne comprends que difficilement le fait qu’un album téléchargeable, immatériel par définition, soit au même prix qu’un CD, matériel par nature. En dehors de continuer à engraisser les majors (et non les artistes…), ce n’est pas justifiable à mon sens. Et quand on voit la production pourrie de ces mêmes majors, ils ne doivent pas réinvestir des masses dans les nouveaux talents: des disques de reprises pour des émissions de télé-réalité, des compilations de disparus et des compilations de compilations, aussi nommées Best of…

Pour ce qui est des films, c’est encore pire, le moindre navet ayant plus d’un an est louable en ligne pour 3,99 ou 4,99 euros la séance… Plus cher que dans un vidéo-club physique! Et pour le voir en HD c’est plus cher encore… Une logique de gain maximum, sans vouloir satisfaire le consommateur avec la meilleure qualité disponible. Le meilleur c’est si et seulement si il paye son supplément.

Les loisirs se sont multipliés ces dernières années et les ayants-droit ne comprennent pas que les budgets n’étant pas illimités, ils se répartissent. C’est logique, mais pourtant, toute baisse des ventes n’est expliquée que par le téléchargement illégal. L’explosion des ventes digitales n’est jamais évoquée en lien avec la baisse des coûts de revient liés (c’est immatériel). Pour les films, les locations/ventes en ligne ne sont jamais chiffrées… Et les ventes colossales de jeux vidéos, ce sont tout autant de fonds qui ne vont plus vers musique ou films, il faudrait ne pas l’oublier. Et que dire des cinémas et des concerts qui n’ont jamais été autant fréquentés.

Le piratage n’explique pas tout messieurs, il est totalement surréaliste de penser que les français peuvent en même temps aller au cinéma, acheter des disques, acheter des jeux vidéos, acheter des livres, etc… Le monde a changé et vous êtes depuis trop longtemps sur des matelas de royalties. Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, tout à une fin, votre ère est révolue, même si vous ne voulez pas l’admettre.

Depuis quelques années, cette petite minorité rêve d’un monde totalitaire, fliquant et filtrant tout et tout le monde. Cette minorité use et abuse de son lobbying pour imposer des moyens extrêmes dans le seul but de pérenniser un modèle dépassé. Et tout cela avec des fonds publics, des millions chaque année, dépensés inutilement pour une minorité de profiteurs…

En tout cas, quand nous aurons une offre correcte en ligne, je reste persuadé que nous serons ravis de permettre aux artistes de créer. Je leur conseille vivement de se séparer des intermédiaires et d’aller vers leur public. Ceux qui tournent de scène en scène et de ville en ville l’ont très bien compris et vivent très bien de leur art!

Bref, je pourrais en parler des heures, et les débats en cours en France en ce moment continuent à aller dans le même et stupide sens. Cette décisions de la Cour Européenne tombe très bien pour les calmer un peu!

Une dernière chose, la plus importante peut être et qui nous concerne tous.

ACTALa Quadrature du Net a fait une vidéo d’un peu plus de deux minutes qui parle d’ACTA, un projet que peu connaissent et qui pourtant est en ce moment même en cours de soumission auprès des Parlementaires Européens.

Cet Accord de Commerce Anti-Contrefaçon (Anti-Counterfeiting Trade Agreement) est un projet qui est négocié par les plus grandes sociétés privées depuis plusieurs années, essentiellement entre les pays de l’OCDE, et surtout en toute discrétion. Si un jour il est validé, ce traité nous empêchera de nous exprimer librement, de nous soigner correctement et même de nous nourrir convenablement. 1984 et son Big Brother d’Orwell ressemblent à ce qui pourrait être mis en place avec cet accord. Sincèrement, vous devriez en avoir peur et donc au moins le connaitre.

Prenez deux minutes de votre temps pour regarder ce film, soyez curieux de ce qui se passe en coulisses. Peut être qu’elles vous donneront envie d’en savoir plus.

Si ce projet est adopté, le monde sera totalement contrôlé par une minorité de gens, des sociétés privées, au-dessus de nos élus, des censeurs auto-proclamés et uniquement intéressés par l’argent et la sauvegarde de leurs bastions. Faites passer l’information, cela ne doit pas arriver…