En Europe, échec et mat…

Publié le 12 novembre 2011 par Dracko. 4 Commentaires

EuropeJ’ai envie de poser un début de réflexion sur la situation actuelle, car bien que non économiste, j’aime essayer de comprendre les choses. C’est un survol, alors n’hésitez pas à suivre les liens pour vous faire votre propre idée sur ce qui a commencé à se mettre en oeuvre il y a maintenant quelques années. Mais par dessus tout, soyez critiques sur ce qui se passe, cherchez des informations par vous même, ne vous contentez pas des discours formatés car vous l’avez certainement ressenti, notre vie à tous a commencé à changer. Ce changement va s’accélérer sous peu et c’est réellement la fin d’une ère que nous sommes en train de vivre.

Commençons avec le nouveau chef d’orchestre, Mario Draghi, un économiste, banquier et ancien haut-fonctionnaire italien. Ancien gouverneur de la Banque d’Italie, Mario Draghi a été, de 2002 à 2005, vice-président de la branche européenne de la banque d’affaires américaine Goldman Sachs. Malheureusement pour nous, après avoir vu le poste lui passer sous le nez en 2010, il est devenu le 1er novembre 2011, le Président de la Banque Centrale Européenne (BCE).

Il faut en effet savoir une chose primordiale, Goldman Sachs est la banque d’affaire américaine dont sont issus énormément de gens influents, tels que les principaux conseillers de la Maison Blanche, quel que soit le parti ou le président en place. C’est aussi la banque qui a aidé la Grèce à rentrer dans la zone euro. C’est en effet en 2002, alors que Mario Draghi était vice-président Europe de Goldman Sachs, que la banque d’affaire américaine a aidé la Grèce à “respecter” les critères voulus. Contre rémunération (300 millions de dollars, une paille), la banque a dissimulé le déficit public via un procédé considéré comme relevant de “l’inventivité comptable”. C’est en fait le terme officiel pour “magouiller les comptes”…

Mario Draghi a toujours dit ne pas être impliqué dans l’affaire, ce qui est ballot quand à la même époque, on est le dirigeant de cette banque en Europe. Il est à n’en pas douter, parfaitement au fait des mêmes méthodes et artifices de la maison: la spécialité historique de Goldman Sachs, en dehors de la spéculation extrême, c’est de faire de l’artifice comptable. C’est toujours fait avec une libre interprétation de la loi, limite, mais pas illégal. Par contre, si cela doit couler sociétés ou pays, aucun problème…

Mario DraghiC’est donc le 3 novembre 2001, à la surprise générale, que la BCE à baissé de 0,25 point de base son principal taux directeur, dorénavant à 1,25%, confirmant ce que Mario Draghi amène dans ses bagages. Ce sera une gestion à l’anglo-saxonne de la politique monétaire de la BCE, plus en phase avec l’économie réelle, mais avec les résultats que nous connaissons maintenant aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Cette décision, est fort logiquement appréciée par les marchés: c’est une inflexion de politique monétaire, ce à quoi Jean-Claude Trichet s’était toujours opposé, et il est vrai qu’à court terme, cette détente de l’euro par rapport au dollar est bonne pour la compétitivité économique de la zone euro.

Nous passerons sur l’Espagne où l’immobilier s’effondre et le taux de chômage atteint des sommets, ainsi que sur le Portugal où les policiers chargés de calmer les manifestants, se retrouvent à manifester avec eux…

Loukas PapademosAllons directement à Athènes, Loukas Papadimos est le nouveau Premier ministre. Ancien vice-président de la BCE, il va diriger un gouvernement de coalition, chargé de stabiliser les choses avant la tenue d’éventuelles élections l’an prochain. Un gouvernement intérimaire avec à sa tête un banquier… C’est formidable quand on pense que le plus choquant, dans la crise grecque, et par extension européenne, c’est le rôle joué par Goldman Sachs. A la fois conseil du gouvernement grec, et au même moment spéculateur sur des positions contre la Grèce et donc l’euro. C’est grâce à des produits dérivés, que Goldman Sachs à permis à la Grèce de “camoufler” sa dette et spéculé sur la baisse de sa qualité d’emprunteur. Des fortunes gagnées en projetant un pays au fond du trou.

Silvio BerlusconiA Rome, M. Silvio Berlusconi est la cible de toutes les critiques, mais il n’est plus à une casserole prêt… Il est sur le départ, contraint et forcé, mais néanmoins, loin d’être mort politiquement. Je pense même qu’il apprécie de pouvoir se désolidariser de ce qui va se passer maintenant et qu’il aura à n’en pas douter, l’occasion de revenir se poser en victime d’abord et se faire réélire ensuite… A suivre donc. En tout cas, tout va y être surveillé de près par l’Union Européenne, la BCE et le FMI. En attendant, c’est M. Mario Monti qui est le favori pour prendre les rennes et succéder à Silvio Berlusconi. Encore une fois, un banquier prend le pouvoir. Et c’est même un banquier qui est aussi International Advisor chez Goldman Sachs depuis 2005…

Le point commun à tous les hommes dont les noms sortent de chapeaux en ce moment c’est leur présence, à un moment ou un autre, aux réunions du Groupe Bilderberg, ou leur participation directe ou non à la Commission Trilatérale. A vous de lire et de vous faire une idée…

Mario Monti

Parler de ça ne veut pas dire tomber dans les théories du complot, mais constater des faits troublants. Des faits qui pour leur partie publique française remontent à 2007, ou à l’ONU, M. Nicolas Sarkozy a dit «J’appelle tous les Etats à se réunir pour fonder le nouvel ordre mondial du XXIe siècle». Ce fameux Nouvel Ordre Mondial, sujet à tant de mystère alors qu’il est simplement un rêve de financier en passe de se réaliser.

Pour revenir à la Grèce et l’Italie, ces deux changements visibles en suivant d’autres plus discrets, sont dictés par les marchés, en dehors de toute logique démocratique, permettant de faire tomber des gouvernements et de mettre au pouvoir des gens qui n’ont pas été élus. C’est un déni de démocratie sous couvert de démissions bien officielles, un coup d’état qui ne dit pas son nom, volonté des marchés et non des peuples. C’est un moyen efficace de continuer à tirer sur la corde, à piocher dans les poches du “petit peuple”, trop occupé à tenter de protéger le peu qu’il a encore pour s’en rendre compte.

Pour nous, ce qui est sûr en dehors d’un évènement réellement exceptionnel d’ici là, c’est que le AAA de la France ne tiendra pas jusqu’aux élections présidentielles. Avec entre temps de nouveaux efforts demandés aux français. Pour rien, c’est certain, le mal est trop profond, le système actuel est mort et perfusé depuis trop longtemps. Par ailleurs, si l’Italie sombre, ce qui semble déjà bien avancé, la chute française va être précipitée et douloureuse. Cette même Italie qui va devoir trouver environ 50 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année… La seule solution semble être, s’il n’est pas déjà trop tard, que la BCE décide de lancer la planche à billets, comme l’ont faits les Etats-Unis pour garder la tête hors de l’eau. Mais cela redonnerai du pouvoir aux Etats, je ne suis pas certain que les banques apprécient ce retour en arrière. Par ailleurs, l’Allemagne refuse cette solution et commence à sous-entendre qu’une sortie de l’euro serait gérable. Pour nous beaucoup moins par contre. Et puis ce serait une solution éphémère si rien ne change par ailleurs.

Aujourd’hui, le lobby bancaire est de plus en plus influent et sa puissance, tant financière que politique, est devenue supérieure à celle des états. L’étape suivante est maintenant lancée officiellement : mettre directement les cadres des banques à la tête des états, ça simplifie tout…

Mise à Jour du 15/11/2011: